Le fossile de l'avenir!

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Bulletin de l'ICC, nº 23, juin 1999

Le fossile de l'avenir!

par David Grattan, gestionnaire, et Malcolm Bilz, scientifique principal adjoint en conservation, Division de la recherche sur les méthodes de restauration et les matériaux

Figure 1

Tara Grant, restauratrice de l'ICC, utilise un aspirateur pour éliminer la matrice de sable et isoler les fragments pétrifiés.

En 1993, un tronc d'arbre fossilisé, partiellement exposé, a été découvert dans les couches fossilifères Hagerman en Idaho. Le Service national des parcs des États-Unis (USNPS) en a récupéré une section (d'environ 2,5 m de long par 0,5 m de diamètre) et l'a entreposée jusqu'en 1998, au moment de son transfert par camion à l'ICC. Mais un tronc d'arbre fossilisé vieux de 3 millions d'années ne ressemble en rien à ce que vous brûlez dans votre foyer. Il semblait donc logique de se livrer à quelques petits examens avant le traitement devant assurer sa conservation.

L'analyse de la teneur en cendres (au moyen de la méthode standard D 1102-84 de l'ASTM) indique que ce fossile est minéralisé à 95 %. C'est dire que sa pétrification est très avancée. À l'examen visuel, on constate l'existence de ce qui paraît être trois constituants majeurs : un matériau jaune dont la veinure à peine démarquée s'apparente au grain du bois, une matrice de sable brun à la texture homogène et sans traits distinctifs et un sable jaunâtre, également sans traits distinctifs. Des échantillons de ces trois constituants ont été examinés par diffraction des rayons X, soumis à une analyse élémentaire par microscopie électronique à balayage et examinés par spectrophotométrie infrarouge à transformée de Fourier. Ces tests montrent que les trois constituants sont très riches en silicium. Le matériau jaune est celui qui contient le plus de fer; il semble qu'il s'agisse d'une argile. Le sable jaunâtre et le sable brun semblent être quartzeux. La composition élémentaire du sable jaunâtre est intermédiaire entre celle du matériau jaune et du sable brun. Il semble donc que ce ne serait pas réellement un troisième constituant distinct, mais plutôt un mélange de petits morceaux du bois pétrifié et de la matrice de sable brun.

Armés de ces acquis scientifiques, nous sommes en mesure de passer à la phase du traitement de conservation. Dans les mois à venir, nous tenterons d'éliminer la matrice de sable et d'isoler les fragments de bois pétrifiés. Au besoin, certains fragments pourront alors être consolidés. Des essais préliminaires indiquent qu'une émulsion acrylique, le Rhoplex AC-33, pourrait faire l'affaire.

Grâce à la science et à la conservation, il devrait être possible de montrer en exposition des segments du tronc lorsqu'il sera rendu à l'USNPS.