La science : La colorimétrie

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Bulletin de l'ICC, nº 28, décembre 2001

La science : La colorimétrie

par Nancy Binnie, scientifique en conservation, Division de la recherche sur les méthodes de restauration et les matériaux

L'évaluation qui précède la restauration d'un bâtiment à valeur patrimoniale comporte souvent l'examen de l'état des éléments intérieurs, dont bois et boiseries, plâtre, éléments métalliques, vitrages et marbre, ainsi que la documentation des peintures et des finis de surface. Ces évaluations peuvent aussi inclure la documentation de la couleur ou du brillant d'origine, ainsi que des recommandations ayant trait au choix des matériaux susceptibles de reproduire la couleur ou le fini des matériaux d'origine.

L'appariement visuel des couleurs est la méthode la plus simple pour évaluer la couleur, mais certains facteurs peuvent en limiter l'exactitude, notamment les conditions d'observation, la taille de l'échantillon, la couleur du fond ou du milieu, l'intensité et le type d'éclairage (source de lumière fluorescente ou incandescente, ou lumière du jour), les propriétés directionnelles de la surface (texture, brillant) et la compétence de l'observateur. La présence de surfaces d'origine dont la couche de peinture est très mince ou dont la texture complique la différenciation d'une seule couche de couleur peut aussi entraver l'appariement visuel des couleurs. En outre, comme la couleur des constituants de peinture a tendance à changer avec le temps, la couleur observée est probablement différente de celle d'origine.

Des mesures sont prises de la peinture d'origine à l'intérieur de l'édifice de l'Assemblée législative de l'Ontario (Queen's Park), à Toronto.

L'emploi d'un spectrophotomètre peut régler plusieurs des problèmes inhérents à l'appariement visuel des couleurs des surfaces peintes, sans compter que les mesures prises sur place avec un appareil portatif peuvent être presque aussi rapides. Pour ce faire, il faut d'abord ouvrir une petite « fenêtre » en ponçant ou en découpant la surface jusqu'à la couche de peinture d'origine ou celle que l'on veut analyser. On mesure ensuite la couleur d'un rond de 4 mm de diamètre à l'aide du spectrophotomètre, et on termine en effectuant un repeint de la fenêtre pour reproduire la couleur actuelle.

Le spectrophotomètre fournit une documentation des valeurs de couleurs (indices de Munsell et coordonnées CIE L*a*b*). On peut alors choisir une peinture commerciale contemporaine ou une peinture mélangée sur commande (peu importe la marque choisie par le client) dont la couleur se rapproche le plus de l'original. Cependant, les instruments ne peuvent que partiellement remplacer l'œil humain et il est préférable d'effectuer aussi l'appariement visuel des couleurs, en utilisant des sources lumineuses ambiantes et de remplacement (lorsque c'est possible).

La combinaison du spectrophotomètre et de l'appariement visuel des couleurs demeure le meilleur moyen de reproduire la couleur d'origine.