Un nouveau spectromètre de fluorescence X

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Bulletin de l'ICC, nº 35, juin 2005

Un nouveau spectromètre de fluorescence X

par Marie-Claude Corbeil, scientifique principale en conservation, Laboratoire de recherche analytique, ICC

Le nouveau spectromètre de fluorescence des rayons X.

Le nouveau spectromètre de fluorescence des rayons X.

Au printemps 2004, le Laboratoire de recherche analytique (LRA) de l'ICC a fait l'acquisition d'un nouveau spectromètre de fluorescence X d'une grande maniabilité. En effet, il s'agit d'un instrument pouvant être tenu d'une main (voir ci-dessous), ressemblant étrangement aux armes que l'on peut voir dans certaines séries ou films de science-fiction! Mais là s'arrête la ressemblance puisque cet instrument n'a pas pour fonction de blesser autrui, mais plutôt de fournir un diagnostic qui a souvent un impact sur la santé des objets de musée ou du personnel qui manipule ou côtoie ces objets.

Ce nouvel instrument, un spectromètre de fluorescence X, permet de déterminer quels éléments chimiques sont présents dans un objet. Le principe de cette méthode d'analyse et ses applications à l'étude des objets de musée ont déjà été décrits dans un article d'un précédent numéro du Bulletin de l'ICC1, mais il est important de rappeler que la spectrométrie de fluorescence X est une méthode d'analyse non destructive, c'est-à-dire ne nécessitant pas de prise d'échantillons, et aussi très rapide. Par conséquent, cette méthode est idéale pour l'analyse de groupes d'objets. Depuis de nombreuses années les scientifiques du laboratoire se sont rendus sur place dans les musées pour analyser des objets de tous types, avec des instruments de plus en plus compacts et portatifs.

Le nouveau spectromètre de fluorescence X fonctionne à l'aide d'une pile au lithium et est équipé d'un ordinateur de poche, ce qui en fait un instrument très maniable. Jusqu'à présent, l'application de la spectrométrie de fluorescence X la plus en demande consistait à examiner des objets soupçonnés d'être contaminés par des pesticides2. Mais il ne fait aucun doute que la maniabilité du nouvel instrument fera en sorte qu'il pourra être utilisé pour répondre à beaucoup d'autres questions et dans des lieux jusqu'à maintenant difficiles d'accès. Il pourrait par exemple servir à déterminer la composition de l'alliage de statues monumentales en bronze ou à détecter la présence de plomb dans la peinture des intérieurs patrimoniaux. Les applications sont en fait aussi variées que les questions que se posent les clients de l'ICC, et auxquelles nous nous devons de répondre.

  1. Corbeil, Marie-Claude, « La spectrométrie des rayons X à l'ICC », Bulletin de l'ICC, no 17, mars 1996, p. 5 à 7.

  2. Voir à ce sujet : Sirois, J., « Les résidus de pesticides dans les collections de musée », Bulletin de l'ICC, no 28, décembre 2001, p. 14; Sirois, P.J., « The Analysis of Museum Objects for the Presence of Arsenic and Mercury: Non-destructive Analysis and Sample Analysis », Collection Forum, vol. 16, no 1-2, 2001, p. 65 à 75.