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L'ICC acquiert des boîtes de couleurs d'A.Y. Jackson et de Barker Fairley

par Ian N.M. Wainwright, Laboratoire de recherche analytique, ICC

Figure 1

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Le 7 avril 2004, l'Institut canadien de conservation (ICC) a fait l'acquisition de deux boîîtes de couleurs spéciales — l'une ayant appartenu à A.Y. Jackson du Groupe des sept et l'autre à un ami de Jackson, le critique et artiste Barker Fairley.1 Ces boîtes de couleurs faisaient partie de la succession de Mme Naomi Jackson Groves (une nièce d'A.Y. Jackson décédée en 2001) et pouvaient être achetées par l'intermédiaire de Walker's Fine Art & Estate Auctioneers, à Ottawa. Carol MacIvor, ancienne conseillère principale en communication à l'ICC, a remarqué l'annonce dans l'Ottawa Citizen où l'on indiquait que les boîtes de peintures seraient vendues aux enchères. Elle était résolue à ce qu'une institution publique en fasse l'acquisition — à des fins de recherches et pour qu'elles soient accessibles au public canadien — et a rapidement alerté l'ICC. Une fois sur place à la vente aux enchères, Mme MacIvor a appris que la boîte de peintures d'A.Y. Jackson faisait partie d'un lot qui comprenait également un tourne-disque, un porte-documents, un plateau, un polochon contenant un sac de couchage, et un lit de camp (le monogramme « A.Y.J. » figurait sur le porte-documents, le plateau et le polochon). Peu avant minuit, elle a réussi dans le cadre de son enchère à obtenir les boîtes de peintures pour l'ICC. Le lendemain, elle a apporté les divers articles à l'ICC où ils ont vite été documentés et rangés dans une chambre forte.

Le fait que les boîtes de peintures provenaient directement de la succession de Mme Groves fournissait une occasion unique de recueillir pour la postérité des renseignements sur leur provenance, leur appartenance et leur période d'utilisation en fonction de témoignages personnels (ce n'est pas toujours possible — même dans le cas des matériaux d'artistes canadiens réputés). Nous sommes redevables à Anna Brennan, exécutrice testamentaire littéraire pour la succession de Mme Grove, de s'être remémorée en détail pour nous l'histoire des boîtes de peintures et l'époque probable où elles ont été utilisées. En 1955, Jackson a déménagé de Toronto à Manotick, une collectivité au sud d'Ottawa, pour se rapprocher de sa famille. Vers 1962, cet arrangement n'était plus pratique et il a loué le studio de Manotick et s'est trouvé un appartement sur la rue Maclaren, à Ottawa. Il y est resté jusqu'en 1968, époque où il a souffert d'un accident vasculaire cérébral et où, à l'invitation de ses amis Robert et Signe McMichael, il s'est établi à Kleinburg (Ontario). À ce moment-là, la boîte de peintures a été transférée de l'appartement de la rue Maclaren à la maison de Mme Grove, et Anna Brennan croit qu'elle date de la période où Jackson vivait à Ottawa. Cependant, on ne peut exclure à ce jour la possibilité que l'artiste ait utilisé ces matériaux plus tôt. Les recherches menées quant à la date de fabrication des tubes de peinture devraient apporter des éclaircissements additionnels au point de vue chronologique.

Les deux boîtes de peintures sont des ajouts précieux à la collection de matériaux de référence historiques de l'ICC, surtout à cause de leur rapport direct avec A.Y. Jackson. Les boîtes de peintures de Jackson et Fairley contiennent un bon éventail de couleurs de peinture dans les tubes et sur les palettes. La boîte de Jackson renferme une sélection de tubes de peinture de Grumbacher et de Winsor & Newton. L'analyse des peintures devrait considérablement enrichir notre base de données analytiques et historiques sur les artistes canadiens du XXe siècle. Ces renseignements continuent d'être utiles à des fins de recherche en matière de conservation et d'histoire de l'art, de restauration de peintures, et d'étude d'œuvres individuelles pour en vérifier l'authenticité et déceler les contrefaççons.

  1. Jackson a participé à un certain nombre d'excursions en canot avec le professeur Barker Fairley de l'Université de Toronto, qui était un ami de longue date du Groupe des sept. Il raconte une excursion particulièrement mémorable dans son autobiographie. (Jackson, A.Y. A Painter's Country, Toronto (Ontario), Clarke, Irwin & Co. Ltd., 1963, p. 74–75.)