Stagiaires diplômés rémunérés à l’ICC — 2010
Jessica Veevers
Après avoir terminé un baccalauréat en beaux‑arts et en biologie à l’Université Guelph à Guelph (Ontario) en 2001 et fait deux voyages en Italie pour étudier les arts et les langues, j’ai réalisé que je m’étais préparée pendant une bonne partie de ma vie à une carrière dans le domaine de la conservation des œuvres d’art. Au cours de mon deuxième voyage en Italie en 2006‑2007, j’ai suivi un cours d’introduction à la restauration des fresques à Florence et travaillé auprès d’un restaurateur privé à Rome. À mon retour au Canada, j’ai entrepris une maîtrise en conservation des œuvres d’art à l’Université Queen’s, à Kingston (Ontario).
Travailler à l’ICC est incroyablement stimulant. La collaboration avec le personnel de l’ICC m’offre d’innombrables possibilités d’assouvir mon immense soif de réponses et mon désir constant d’approfondir certaines questions. Les spécialistes en restauration et les restaurateurs sont heureux d’apporter leur expertise, leurs conseils et leur soutien.
Pendant mon stage d’un an, je me consacrerai principalement aux trois projets suivants :
- Traitement d’une toile réalisée par Sir Frederick Banting en vue de l’intégrer dans une exposition — Banting est connu pour ses recherches sur l’insuline, mais peu savent qu’il était aussi un peintre « de plein air » qui a souvent voyagé et peint aux côtés d’A.Y. Jackson. L’œuvre, intitulée Harbour, a été réalisée en 1908, alors que Banting n’était âgé que de 17 ans, et témoigne de l’amour précoce de ce dernier pour la peinture. Il s’agit d’unepetite peinture à l’huile sur un support en carton qui s’est détérioré. Lorsque la toile est arrivée à l’ICC pour traitement, elle était en morceaux et légèrement décolorée par la saleté accumulée et peut‑être par de la suie. Le traitement nécessitera la collaboration des laboratoires se consacrant aux peintures et à la conservation du papier et consistera à assembler des pièces et à nettoyer la surface en vue de stabiliser l’œuvre, la rendre plus lisible et révéler sa palette originale.
- Examen d’une sculpture de polychrome autrichienne-allemande de Sainte‑Barbara datant du 18e ou 19e siècle — Cette splendide œuvre très élaborée offre une occasion inégalée d’étudier les techniques et les matériaux d’origine employés aux 18e et 19e siècles. Alors que la plupart des sculptures de polychrome de l’époque ont fait l’objet de surpeinture, celle-ci conserve une bonne partie de la polychromie et de la dorure originales, intactes et en relativement bon état. L’examen comprendra l’analyse d’échantillons et de fragments pour obtenir des données sur les matériaux utilisés et la structure stratifiée. Ces renseignements serviront par la suite à élaborer une méthode de traitement convenable.
- Traitement d’une peinture réalisée par la peintre automatiste québécoise Marcelle Ferron — Le style de Ferron se définissait notamment par l’application gestuelle de plusieurs couches discontinues de peinture. L’artiste avait aussi l’habitude d’appliquer des couches supplémentaires longtemps après l’achèvement de l’œuvre si la conception ne lui plaisait plus. L’épaisseur des couches de peinture et leur application à différents moments font en sorte que des zones isolées de faible adhésion, de fragilité et de friabilité s’observent dans certaines de ses œuvres. En vue du traitement de cette peinture, des tests d’adhésion approfondis ont été réalisés afin de cerner le meilleur produit pour faire réadhérer les écailles et consolider les zones friables. On procédera aussi à des tests d’analyse pour déterminer la nature de la couche de protection de l’œuvre, ainsi que les liants et les pigments présents. Ces renseignements viendront parfaire nos connaissances des méthodes et des matériaux de travail de Ferron et aideront à la conservation de ses œuvres, maintenant et à l’avenir.