Points de couture utilisés en restauration des textiles - Notes de l'ICC 13/10

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La Note de l'ICC 13/10 fait partie de la treizième série des Notes de l'ICC (Textiles et fibres)

Introduction

La réparation et l'entretien des textiles nécessitent souvent des travaux de couture à la main. Qu'il s'agisse de doubler un textile ou de refaire un ourlet, il est important de choisir le fil à coudre et le tissu de renfort appropriés, et d'utiliser la technique de couture qui s'impose.

Matériaux

Le tissu de renfort utilisé en restauration de textiles doit toujours être fait de la même fibre que le textile à traiter, c.-à-d. qu'il faut utiliser de la laine pour un textile en laine, de la soie pour un textile en soie et ainsi de suite. Il importe aussi d'utiliser du fil à coudre en fibre naturelle ou en coton et polyester, car le fil à coudre synthétique est en général trop fort et risque d'abîmer un textile fragile. Les tissus très fins, comme de la soie, se cousent à l'aide de fil à brin unique et d'une aiguille à coudre no 12. Le fil à coudre, tout comme le tissu de renfort, doit ressembler le plus possible, en couleur et en texture, au textile à traiter.

Il faut toujours vérifier la solidité de la couleur du tissu de renfort (le no 13/14 des Notes de l'ICC : Test de solidité des couleurs). Laver le tissu une foisà la machine puis le rincer deux fois à l'eau claire afin d'éliminer tout résidu de détergent et d'apprêt. Utiliser un détergent doux pour le lavage. Ne pas utiliser d'agent de blanchiment ou d'assouplissant textile.

Précautions

Déterminer au préalable l'emplacement des points et en limiter autant que possible le nombre.

Dans la mesure du possible, piquer dans des trous déjà présents et éviter de percer les fils de l'artéfact. Poser le textile à plat avant de commencer à coudre. Éviter de trop serrer les points afin de ne pas créer de tension dans le tissu. La tension entraîne un gondolage ou un plissé qui pourrait faire casser les vieux fils.

S'assurer de bien documenter les opérations concernant les objets de collection. En cas de doute, demander l'avis d'un restaurateur de textiles d'expérience.

Comment coudre le tissu de renfort

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Point de Boulogne

Le point de Boulogne sert à fixer les tissus déchirés, effilochés ou usés sur un nouveau tissu de renfort. Il s'agit donc du point le plus souvent utilisé en restauration des textiles. On le travaille de droiteà gauche, en suivant le sens de la trame ou de la chaîne. Comme on peut le voir à la figure 1a, le point long est posé en premier et se prolonge jusque dans la partie solide qui entoure la zone abîmée en réparation. Il est alors maintenu en place par de petits points qui le croisent à angle droit (les figures 1b et 1c). On reprend l'opération à intervalles réguliers jusqu'à ce que toute la partie affaiblie soit bien fixée. Soulignons que les petits points doivent être posés de façon irrégulière le long des points longs parallèles, pour éviter de former un motif régulier visible en surface.

Description de la figure 1a directement après l'image.
Figure 1a. Le point long est posé en premier. Il commence et se termine dans une partie solide du textile qui entoure la zone affaiblie ou abîmée. Dans la figure, on ne voit pas le tissu de renfort ou la zone endommagée du textile.

Description de la figure 1b directement après l'image.
Figure 1b. De petits points maintiennent le long point.

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Description de la figure 1c directement après l'image.
Figure 1c. Les petits points croisent le long point à angle droit.

Description de la figure 1d directement après l'image.
Figure 1d. Plage abîmée du textile assujettie au tissu de renfort par des points de Boulogne.

Point de bâti :

Ce point sert à assujettir des textiles de grande taille à un tissu de renfort tout en répartissant le poids du textile de façon égale (la figure 2). On fait un petit point presque invisible à l'endroit du textile et un point plus long à l'endos du tissu de renfort. Le plus souvent, on fait plusieurs coutures disposées en quinconce, suivant le sens de la chaîne.

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Description de la figure 2 directement après l'image.
Figure 2. Point de bâti.

Point croisé :

Point simple entrecroisé, semblable au point de croix, le point croisé se travaille de gauche à droite et assujettit les bords à vif (la figure 3). Il peut servir à assembler deux épaisseurs d'étoffe sans perte de souplesse. On l'utilise également souvent pour tenir des ourlets simples ou encore les bords de pièces.

Description de la figure 3 directement après l'image.
Figure 3. Point croisé.

Point coulé :

Le point coulé est à peu près invisible à l'endroit de l'ouvrage. On l'utilise pour les ourlets invisibles (la figure 4) et pour poser les doublures. Lâchement posé, il ne crée aucune tension entre le tissu de renfort et le textile.

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Description de la figure 4 directement après l'image.
Figure 4. Point coulé.

Point de surjet :

S'il faut juxtaposer plusieurs lés de tissu pour soutenir un textile, on utilise le point de surjet (la figure 5a) pour joindre les lisières. Quand le travail est achevé (la figure 5b), l'assemblage est parfaitement plat, sans superposition de tissu.

Description de la figure 5a et 5b directement après l'image.
Figure 5. a) Deux lisières cousues ensemble au moyen
d'un point de surjet; b) Assemblage plat.

Fournisseurs

Nota : L'information qui suit vise uniquement à informer le lecteur. La présence d'une entreprise dans cette liste n'engage aucunement l'Institut canadien de conservation.

Fil à coudre (grand teint, en coton ou en soie)

Magasins de tissus

Aiguilles à coudre no 12

Magasins de couture spécialisés

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Bibliographie

  1. CLABBURN, P. The Needleworker's Dictionary, New York, William Morrow and Company Inc., 1976.

  2. DILLMONT, T. de. The Complete Encyclopedia of Needlework, Philadelphie, Running Press, 1975. [trad.]

  3. DILLMONT, T. DE et M. PIVOT. Encyclopédie des ouvrages de dames, Paris, Édition 1900, 1987.

  4. DOUGLASS, W. Discovering Embroidery, Londres, Mills and Boon Ltd, 1961.

  5. GOSTELOW, M. The Complete Guide to Needlework: Techniques and Materials. Secaucus (NJ), Chartwell Books Inc., 1982.

  6. GRIMM, M.W. (compilatrice). The Directory of Hand Stitches used in Textile Conservation. New York, Textile Conservation Group, 1993.

  7. LANDI, S. The Textile Conservator's Manual, 2e éd., Toronto, Butterworths, 1992.

  8. MAILAND, H.F., et D.S. ALIG. Preserving Textiles: A Guide for the Nonspecialist. Indianapolis, Indianapolis Museum of Art, 1999.


Par le personnel du Laboratoire de textiles de l'ICC.

Première date de publication : 1986
Révision : 1995, 2009

Also available in English.
Également publié en anglais.

© Ministre, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2010
No de cat. : NM95-57/13-10-2010F
ISSN : 1191-7237


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