La préservation des objets en caoutchouc ou en plastique - Notes de l'ICC 15/1

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La Note de l'ICC 15/1 fait partie de la quinzième série des Notes de l'ICC (Matériaux modernes et collections industrielles)

Les objets en caoutchouc naturel ou synthétique et les objets en plastique se dégradent continuellement. Il est donc important que les responsables de collections sachent qu'ils peuvent prendre des mesures contre divers agents de détérioration afin de préserver les objets.

Comme tous les matériaux organiques, le caoutchouc et le plastique se détériorent de différentes façons à des vitesses très variables et imprévisibles. La dégradation peut être chimique, par exemple par processus d'oxydation ou d'hydrolyse, ou encore de nature physique ou biologique. Ces processus peuvent modifier la composition chimique, les propriétés physiques et l'aspect de ces matériaux. Ils peuvent être la cause d'émissions nocives vers d'autres objets dans la collection ou provoquer l'exsudation ou l'apparition de résidus sur la surface des objets en plastique ou en caoutchouc.

Par exemple, la résistance et la souplesse du caoutchouc peuvent changer. Le caoutchouc peut se fragiliser, se durcir ou se fendiller, ou encore il peut s'amollir et devenir spongieux ou collant. Avec l'âge, les plastiques peuvent devenir moins résistants et, en même temps, se fragiliser, se fendiller et rétrécir. Les surfaces en caoutchouc ou en plastique peuvent développer un réseau de craquelures, présenter un aspect farineux ou poudreux ou devenir collantes. La couleur peut s'altérer à la suite de réactions modifiant la structure moléculaire des polymères constitutifs des plastiques ou des caoutchoucs ou à la suite de modifications des colorants ou des pigments, qui accompagnent la dégradation générale. Le plastifiant, une substance parfois ajoutée pour donner de la souplesse aux plastiques, peut s'être volatilisé (s'il s'évapore facilement) ou encore il peut être rejeté et exsudé à la surface au fur et à mesure que les molécules du polymère se lient les unes aux autres (réticulation) ou que les paramètres de solubilité du polymère, c'est-à-dire la mesure avec laquelle le polymère peut dissoudre les matériaux, se modifient avec l'âge. Le polychlorure de vinyle et les esters cellulosiques — le nitrate de cellulose et les acétates de cellulose — sont particulièrement sensibles à cet égard. Les adjuvants de stabilisation peuvent s'évaporer et donner lieu à des plastiques ou à des caoutchoucs moins stables.

Il est difficile d'établir la composition précise des objets en caoutchouc ou en plastique des collections muséales parce que les analyses chimiques se buttent à des problèmes d'ordre pratique. Il est aussi difficile d'établir quelles sont les meilleures façons de prendre soin de ces objets parce que les vitesses de dégradation peuvent être variables. Toutefois, voici certaines généralisations qui s'appliquent :

  • Les esters cellulosiques se dégradent par hydrolyse, c'est-à-dire qu'ils réagissent avec l'humidité présente dans l'air et deviennent de plus en plus acides au fur et à mesure que progresse la dégradation. Un milieu sec et froid permet de ralentir efficacement cette réaction. Comme ces plastiques dégagent des vapeurs acides en vieillissant, il y a lieu de les tenir à l'écart des autres objets de la collection. De plus, ces types de plastiques devraient être conservés dans un endroit bien aéré ou dans une enceinte (boîte, sac, contenant, tiroir ou armoire) contenant des matières qui absorbent les vapeurs acides (capteurs d'acides). Par exemple, Kodak recommande de ranger les pellicules cinématographiques dans leur boîte de métal en y ajoutant des pièges ou des tamis moléculaires absorbants qui absorberont l'acide acétique dégagé (Manas, 1994). La conservation d'objets en ester cellulosique dans une enceinte ne contenant aucun capteur d'acides ne fera qu'emprisonner les acides volatils et accélérer la dégradation. étant très sensibles aux acides volatils, les objets en plomb et tout objet contenant des carbonates (p. ex. les coquillages) doivent être tenus à l'écart des esters cellulosiques. De plus, les métaux ferreux se trouvant à proximité d'esters cellulosiques risquent de se corroder.

  • Les caoutchoucs naturels, surtout s'ils ne sont pas renforcés par du noir de carbone, sont particulièrement sensibles à la dégradation oxydative en réagissant avec l'oxygène de l'air. Toutefois, on peut retarder l'oxydation en conservant l'objet dans un environnement spécial exempt d'oxygène (Shashoua et Thomsen, 1993; voir plus loin sous « Oxygène »).

  • On confond fréquemment ébonite et bakélite dans les collections muséales, car, dans les deux cas, il s'agit bien souvent de plastiques noirs et durs. La bakélite est relativement stable. L'ébonite est un caoutchouc dur et fortement vulcanisé contenant des composés du soufre qui, au fur et à mesure que le produit vieillit, réagissent d'abord avec l'oxygène puis avec l'eau pour donner en fin de compte de l'acide sulfurique. L'ébonite peut donc présenter des surfaces très acides qui constituent un danger pour les autres objets. Les objets en ébonite doivent être conservés à part, dans un milieu aéré ou dans des enceintes contenant des substances qui piégeront les gaz acides. Une diminution du taux d'humidité entraînera également une réduction de la quantité d'acide produite.

  • Les plastiques âgés sont plus vulnérables que les plastiques neufs, car les plastiques plus récents contiennent plus fréquemment des adjuvants de stabilisation et ils ont été fabriqués à une époque où l'on connaît mieux la chimie de la dégradation des matières plastiques.

Actuellement, nous recommandons aux responsables de collections de :

  • Tenter de déterminer avec précision la composition des objets. (L'ICC possède un spectromètre infrarouge portatif muni d'une sonde qui permet l'analyse sans contact avec les objets, que l'on peut transporter dans les musées pour analyser et caractériser in situ, de façon non destructive, les objets en plastique en exposition ou en réserve. Voir Nilsen et Williams, 1997.);

  • Mettre à part les objets susceptibles de dégager des produits volatils, plus particulièrement en présence de métaux ou d'autres matières sensibles. Comme règle pratique, tout objet qui dégage une odeur dégage aussi des composés volatils et devrait probablement être conservé à l'écart des autres objets; de plus, il y a lieu d'aérer l'enceinte dans laquelle ils sont conservés;

  • Examiner régulièrement les objets en plastique ou en caoutchouc pour voir s'ils présentent des indices de dégradation;

  • Porter une attention particulière aux objets âgés en plastique et à tous les objets en caoutchouc; et

  • Nettoyer les objets régulièrement en les brossant et en les essuyant ou encore en les passant à l'aspirateur, à moins qu'ils ne soient rendus fragiles au point de ne plus être en mesure de subir un nettoyage minutieux. N'utiliser ni solvants aqueux ni solvants organiques.

Toute détérioration visible peut évoluer à un rythme tellement rapide que des mesures radicales s'imposeront.

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Agents de détérioration et recommandations pour limiter les dommages

Le rayonnement ultraviolet, la lumière visible, un taux d'humidité élevé, une température élevée, l'oxygène et les gaz polluants, ainsi que les tensions et les autres forces physiques directes sont les principaux agents responsables de la détérioration des caoutchoucs et des plastiques. Cependant, les différents types de plastique et de caoutchouc réagissent chacun à leur façon à ces agents.

Rayonnement UV et lumière visible

L'exposition au rayonnement ultraviolet (UV) endommage les plastiques et les caoutchoucs. La lumière visible peut aussi provoquer la dégradation de certains plastiques et de certains caoutchoucs. La vitesse de dégradation dans les deux cas augmente alors avec l'intensité de la lumière et le rayonnement UV. Par exemple, il faut éviter toute exposition au rayonnement UV intense de la lumière du jour non filtrée et de la lumière provenant de certaines lampes fluorescentes, ainsi que de la lumière émise par toute lampe à haute intensité.

La lumière visible doit être maintenue au niveau le plus bas possible et ne jamais dépasser 150 lux. L'intensité des rayons UV émis par les lampes doit se trouver sous le seuil de 75 microwatts/lumen. On peut limiter le rayonnement UV en choisissant des lampes émettant peu d'UV (Bulletin technique no 7 de l'ICC, Les lampes à fluorescence) ou en installant des filtres UV (Notes de l'ICC no 2/1, Filtres ultraviolets).

Humidité et température

Un taux d'humidité élevé accélère la dégradation des esters cellulosiques et de l'ébonite, mais exerce un effet moindre sur les autres plastiques et les caoutchoucs. Toutefois, l'humidité favorise l'action nocive des polluants atmosphériques acides et des sous-produits acides de la dégradation. De plus, elle crée des conditions qui favorisent la croissance de moisissures qui, même s'ils sont moins susceptibles d'apparaître sur les caoutchoucs et les plastiques que sur les matières cellulosiques, s'y développent néanmoins et provoquent des dommages. C'est pour ces raisons qu'il faut éviter d'exposer les plastiques et les caoutchoucs à un taux d'humidité supérieur à 65 %.

Certains plastiques, comme les esters cellulosiques, les plastiques à base de caséine, le nylon et les polyesters, ainsi que les plastiques additionnés de poudre de bois (par exemple, les premières bakélites) absorbent l'humidité et peuvent donc augmenter de volume en présence d'humidité et rétrécir lorsqu'ils s'assèchent. Selon la vitesse et l'importance des changement d'humidité, l'objet peut alors se fissurer. Il faut donc garder les plastiques et les caoutchoucs dans un milieu maintenu à un taux d'humidité modéré, faible, ou même entre les deux, mais toujours fixe (autant que possible).

Plus la température est élevée, plus la dégradation procédera rapidement. Un milieu plus frais favorise donc la préservation. éviter la chaleur émise par certaines lampes, la proximité des sources de chaleur ou tout ce qui chauffe les objets, qu'il s'agisse d'objets mis en réserve ou d'objets exposés.

Idéalement, les objets en caoutchouc ou en plastique devraient être mis en réserve au frais et à l'obscurité dans un milieu sec et dépourvu d'oxygène. Il est possible de retrouver ces conditions (sauf pour l'absence d'oxygène) en rangeant les objets dans un réfrigérateur sans givre, ou dans une chambre froide déshumidifiée. Le compartiment congélation des réfrigérateurs sans givre et les congélateurs sans givre présentent un taux élevé d'humidité relative et ne devraient pas servir à la mise en réserve d'objets, à moins que les objets soient protégés par des contenants étanches (Wilhelm et Brower, 1993). Dans ce cas, pour réduire l'humidité autour des objets, il faut utiliser des contenants en verre scellés ou des contenants en plastique étanches, dont le tiers environ de l'espace libre est occupé par du gel de silice indicateur déshydraté. Le gel de silice indicateur conservera sa couleur bleue tant que l'air dans le contenant sera sec. Il faut le remplacer par une nouvelle portion de gel de silice déshydraté lorsqu'il vire au rose (Bulletin technique no 10 de l'ICC, Le gel de silice). Il faut vérifier le gel de silice au moins une fois par année. Les plastiques sont plus cassants à basse température; il faut donc les manipuler avec soin, à l'aide de boîtes et de plateaux bien matelassés.

Oxygène

Pour de nombreux plastiques et pour tous les caoutchoucs, il est avantageux d'éliminer l'oxygène du milieu où se trouvent les objets. Les objets peuvent être rangés avec une substance absorbant l'oxygène, l'Ageless, dans des sachets faits d'une pellicule souple, étanche à l'oxygène et thermoscellable. Les musées commencent à adopter cette technique pour empêcher l'oxydation de nombreux types d'objets ou pour éliminer les insectes (Burke, 1996). Pour savoir comment utiliser cette technique, consulter un scientifique en conservation ou un restaurateur qualifié. On utilisait des systèmes plus complexes avant la mise au point de la technique simple de l'Ageless. Ces anciens systèmes comportaient des contenants rigides dont l'air avait été chassé puis remplacé par des gaz inertes (Frydryn et Grattan, 1984; Maltby, 1988; Maekawa et coll., 1989).

Il ne faut pas mettre en réserve de cette façon des objets, comme les esters cellulosiques et l'ébonite, qui dégagent des gaz acides en se dégradant, car l'émission rapide de gaz acides dans le sachet imperméable aux gaz produira un milieu acide qui accélérera la dégradation.

Polluants

Certains polluants atmosphériques, comme le dioxyde de soufre et le dioxyde d'azote, peuvent accélérer la dégradation. étant acides, ces gaz peuvent entraîner des effets néfastes, surtout en présence d'humidité. L'ozone, qui peut être produit par le rayonnement ultraviolet ou par une source électrostatique haute tension, par exemple un purificateur d'air électrostatique, peut entraîner une dégradation très rapide, en particulier dans le cas du caoutchouc. Certains photocopieurs produisent de l'ozone, bien que cet ozone tende à se dissiper dans un rayon d'environ quelques mètres. La plus grande partie de l'ozone que l'on trouve dans un musée provient plutôt de sources extérieures de pollution.

D'autres polluants sont dégagés dans le musée par des objets et des matériaux qui se dégradent; par exemple, les oxydes d'azote sont dégagés par le nitrate de cellulose; l'acide acétique est libéré par l'acétate de cellulose, de nombreux bois et des peintures fraîches; le formaldéhyde est dégagé par des panneaux de particules; et le soufre est libéré par de nombreux caoutchoucs vulcanisés. Une bonne ventilation est essentielle pour prévenir l'accumulation de vapeurs nocives, plus particulièrement s'il n'est guère pratique de mettre les objets dans une chambre froide ou un réfrigérateur.

On recommande d'utiliser des capteurs de polluants lorsque la ventilation n'est pas possible. Pour savoir comment utiliser ces matières de façon sûre et efficace, consulter un scientifique en conservation ou un restaurateur qualifié. L'utilisation conjointe de capteurs de polluants et d'indicateurs, comme le rouge de crésol et le pourpre de crésol qui décèlent les oxydes d'azote produits par la dégradation du nitrate de cellulose (Fenn, 1995), constitue une méthode efficace qui, en présence de dégradation, permet non seulement de réduire la vitesse de dégradation, mais aussi de déceler la présence de vapeurs nocives. Si l'indicateur décèle la présence de vapeurs nocives, il est temps de remplacer le capteur.

Tensions et autres forces physiques

Une fois dégradés, les plastiques et les caoutchoucs peuvent être étonnamment fragiles. Des supports ainsi que des boîtes et des plateaux bien matelassés sont donc nécessaires pour la mise en réserve, l'exposition et la manutention.

Ne pas supposer, parce que le caoutchouc est un matériau souple, qu'il n'est pas nécessaire d'assurer le support des objets en caoutchouc durant le transport, la mise en réserve et l'exposition. Si le caoutchouc est sous tension, par exemple s'il est étiré ou comprimé, sa vitesse de dégradation chimique (par oxydation) peut croître. Des fentes naissent, souvent orientées perpendiculairement à la direction de la tension exercée, par exemple le long d'un pli.

Les objets entreposés dans un état sous tension peuvent durcir en conservant cette forme. Les polymères qui se dégradent par réticulation « gèlent » en quelque sorte dans leur forme tendue (ou déformée). L'utilisation, pendant l'exposition et la mise en réserve, de supports appropriés permettant de maintenir la forme des objets évitera l'apparition de tensions et empêchera que des déformations ne deviennent permanentes. Par exemple, on insère dans les chaussures en caoutchouc une forme rigide, en mousse de polyéthylène. Toutefois, si le caoutchouc est collant, il faut garnir le support d'une pellicule non collante, par exemple téflon, Gore-Tex, polyéthylène, polypropylène ou tissu au silicone.

Comme les objets en caoutchouc dégradé peuvent devenir collants et adhérer fermement aux matériaux avec lesquels ils sont en contact, il faut éviter qu'ils ne se touchent entre eux ou qu'ils ne touchent à d'autres objets. Au besoin, utiliser comme barrières les pellicules non adhésives mentionnées plus haut. Si l'objet doit être replié sur lui-même, intercaler entre les plis des pellicules lisses non collantes. éviter tout contact avec des matériaux fibreux (par exemple, du papier) ou poreux (par exemple, des mousses), pour empêcher que les fibres n'adhèrent au caoutchouc ou que le caoutchouc ne s'insinue dans les pores du matériau d'entreposage.

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Nettoyage

Ne pas utiliser de solvants ni même de solutions de nettoyage à base d'eau sur le caoutchouc et les plastiques. On recommandait dans la littérature d'utiliser de l'eau et du savon, mais cette façon de procéder est maintenant considérée comme dangereuse. En fait, l'eau peut détruire l'objet dans certaines circonstances (Sale, 1993). La meilleure méthode consiste à nettoyer les objets à l'état sec en les brossant soigneusement ou en les passant à l'aspirateur. On conseille fortement aux responsables de collections de faire appel à un expert si des techniques simples ne donnent pas de bons résultats.

Répliques

Lorsque les objets à exposer sont particulièrement précieux et que les conditions ambiantes normales d'exposition risquent d'accélérer leur dégradation, envisager l'exposition d'une réplique. On peut alors conserver l'original dans des conditions plus près des conditions idéales.

Conclusions

Des mécanismes complexes dégradent continuellement les objets en plastique ou en caoutchouc. Toutefois, en prenant des précautions et en suivant des méthodes d'exposition et de mise en réserve relativement simples, les responsables de collections peuvent accroître considérablement la durée de vie de ces objets. La réparation de tout objet en plastique ou en caoutchouc qui est brisé doit être confiée à un restaurateur qualifié.

Glossaire

Adjuvant
Substance normalement ajoutée à une autre en vue d'en améliorer les propriétés. Les adjuvants comprennent les plastifiants, les initiateurs, les stabilisants thermiques, les photostabilisants, les antioxydants et les ignifugeants.
Caoutchouc
Matière capable de reprendre rapidement et avec force sa forme et sa taille initiales après avoir subi des déformations importantes et pouvant être modifiée pour être, ou étant déjà, dans un état essentiellement insoluble (mais pouvant se gonfler) dans des solvants en ébullition tels que le benzène, la méthyléthylcétone et le mélange azéotrope éthanol-toluène. à l'état modifié et exempt de diluant, un caoutchouc revient, en moins d'une minute, à moins de 1,5 fois sa longueur initiale après avoir été étiré à la température ambiante (18 - 29 °C) jusqu'à deux fois sa longueur et maintenu dans cet état pendant une minute avant d'être relâché.
Capteur
Substance capable d'absorber et de retenir d'autres substances. Les capteurs sont utilisés dans les milieux clos pour absorber les polluants gazeux présents dans l'air de ces milieux. Les tamis moléculaires (pièges moléculaires), comme les zéolites et le charbon actif, sont des exemples de capteurs.
Charge
Matière relativement inerte ajoutée à un plastique en vue de modifier sa résistance, sa stabilité, sa maniabilité, ainsi que d'autres qualités, ou d'en diminuer le coût. On dit aussi matière de charge.
Farinage
Formation à la surface d'un matériau d'un résidu sec ayant l'aspect de la craie, à la suite de la dégradation ou de la migration d'un ingrédient. Le farinage peut être une caractéristique recherchée dont on tient compte durant la conception du matériau.
Hydrolyse (dégradation par hydrolyse)
Décomposition chimique d'une substance par réaction avec l'eau. La décomposition du polymère par réaction avec de la vapeur d'eau présente dans l'air, qui progresse plus rapidement au fur et à mesure qu'augmente l'humidité relative, est un problème d'importance dans le cas des objets en plastique.
Oxydation (dégradation oxydative)
Réaction chimique d'une substance avec l'oxygène de l'air. Dans le cas des objets en plastique ou en caoutchouc, l'oxydation entraîne invariablement la dégradation de l'état de l'objet.
Paramètre de solubilité
Caractéristique d'un composé servant à prévoir la solubilité de ce composé dans un liquide donné ou la solubilité d'autres substances dans ce composé.
Plastifiant
Substance incorporée à une matière en vue d'en améliorer la maniabilité, la souplesse ou l'aptitude à l'étirage. Parfois appelée amolissant.
Plastique
Matière qui contient, comme ingrédient essentiel et prédominant, une ou plusieurs substances polymériques de masse moléculaire élevée, qui est solide à l'état fini et qui, à une certaine étape de sa fabrication ou de sa transformation en produits finis, peut être façonnée par coulée. Même si des matières comme le caoutchouc, les textiles, les adhésifs et les peintures peuvent, dans certains cas, correspondre à cette définition, elles ne sont pas considérées comme des plastiques. Les termes plastique et polymère sont employés de façon interchangeable, mais le terme polymère devrait être réservé pour les composés dont la matière de base est polymérisée, tandis que le terme plastique désigne des composés contenant des polymères et des plastifiants, stabilisants, charges et autres adjuvants (c.-à-d. le polymère de base plus des adjuvants).
Polymère
Substance obtenue par réaction de molécules simples (monomères) possédant des groupes fonctionnels leur permettant, dans des conditions appropriées, de se combiner en chaînes de masse moléculaire élevée. Un polymère est constitué de molécules caractérisées par la répétition d'un ou de plusieurs types de motifs monomères.
Réticulation
Création de liens ou de liaisons chimiques entre différentes molécules dans un polymère. La réticulation entraîne normalement la formation d'une structure polymérique tridimensionnelle (polymère réticulé), grâce à des réactions entre les chaînes; il en résulte des changements de propriétés physiques.
Stabilisants
Substances entrant dans la préparation des plastiques pour aider à maintenir les propriétés physiques et chimiques durant la transformation ou l'utilisation. Elles comprennent les antioxydants, les stabilisants thermiques et les photostabilisants.
Tamis moléculaires (pièges moléculaires, zéolites)
Substances inorganiques cristallines dont la structure moléculaire ou cristalline présente des pores et des cavités pouvant absorber et piéger des polluants gazeux, par exemple les zéolites qui sont des aluminosilicates cristallins microporeux. On peut concevoir et fabriquer des tamis moléculaires capables de piéger des molécules de polluant de taille spécifique.
Vulcanisation (caoutchoucs vulcanisés)
Réaction chimique irréversible (par exemple, la réticulation), au cours de laquelle les propriétés physiques et chimiques d'un caoutchouc sont modifiées, entraînant une diminution de l'écoulement plastique, une diminution du caractère adhésif de la surface, une augmentation de la résistance à la traction, une augmentation de la résistance au gonflement par des liquides organiques et une augmentation ou une amélioration des propriétés élastiques sur une plus grande plage de températures.

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Bibliographie

  1. Burke, John. « Anoxic Microenvironments: A Simple Guide », SPHNC (Society for the Preservation of Natural History Collections), feuillets, vol. 1, no 1 (printemps 1996), 4 p.

  2. Fenn, Julia. « The Cellulose Nitrate Time Bomb: Using Sulphonephthalein Indicators to Evaluate Storage Strategies », From Marble to Chocolate: The Conservation of Modern Sculpture. Tate Gallery Conference, 18-20 September 1995, sous la dir. de Jackie Heuman, Londres, Archetype Publications Ltd., 1995, p. 87-92.

  3. Frydryn, Stan et David W. Grattan. « The Conservation of a Rare World War I Stamp Cancellation Device: Coping with the Deterioration of Rubber », Journal de l'Institut international pour la conservation - Groupe canadien, vol. 8 et 9, 1983-84, p. 8-11.

  4. Institut canadien de conservation. « Filtres ultraviolets », Notes de l'ICC, no 2/1, Ottawa, Institut canadien de conservation, 1994.

  5. Lafontaine, Raymond H. et Patricia A. Wood. Les lampes à fluorescence, Bulletin technique no 7, Ottawa, Institut canadien de conservation, 1982.

  6. Lafontaine, Raymond H. Le gel de silice, Bulletin technique no 10, Ottawa, Institut canadien de conservation, 1984.

  7. Maekawa, Shin, Frank Preusser et Frank Lambert. « An Hermetically Sealed Display and Storage Case for Sensitive Organic Objects in Inert Atmospheres », Final Report, Mummy Display Case Joint Project of the Egyptian Antiquities Organization and the Getty Conservation Institute, mai 1989, 13 pages.

  8. Maltby, Susan L. « Rubber: The Problem that Becomes a Solution », Preprints of Contributions to the « Modern Organic Materials Meeting », réunion tenue à l'université d'Édimbourg, 14 et 15 avril 1988, Édimbourg, Scottish Society for Conservation and Restoration Publications, p. 151-157.

  9. Manas, Guy. « Molecular Sieves: An Aid to Film Preservation », communications de la conférence de l'ARSAG, mai 1994, résumé de Ellen McCrady dans Abbey Newsletter, vol. 18, no 4-5 (août-sept. 1994).

  10. Nilsen, Lisa et R. Scott Williams. « Identification des plastiques in-situ au moyen d'un spectromètre infrarouge portatif », Bulletin de l'ICC, no 19, mars 1997, p. 10-11.

  11. Sale, Don. Review of Conservation of Plastics: An Introduction to Their History, Manufacture, Deterioration, Identification, and Care, by John Morgan. Conservation News, no 51, juillet 1993, p. 19-20.

  12. Shashoua, Yvonne et Scott Thomsen. « A Field Trial for the Use of Ageless in the Preservation of Rubber in Museum Collections » dans Sauvegarder le XXe siècle : La conservation des matériaux modernes, Actes de la conférence du 15-20 septembre 1991 à Ottawa, sous la dir. de D. W. Grattan, Ottawa, Institut canadien de conservation, 1993, p. 363-377.

  13. Wilhelm, Henry et Carole Brower. Permanence and Care of Color Photographs, Grinell, Iowa, Preservation Publishing Company, 1993, p. 655-686.

Ouvrages à consulter

Prétirages de conférences

  1. Grattan, David W., dir. Sauvegarder le XXe siècle : La conservation des matériaux modernes. Actes de la conférence du 15 au 20 septembre 1991, à Ottawa, Ottawa, Institut canadien de conservation, 1993.

  2. 20th Century Materials, Testing and Textile Conservation. 9th Symposium, 3-4 novembre, 1988, Washington, Harpers Ferry Regional Textile Group, 1988.

  3. Heuman, Jackie, dir. From Marble to Chocolate. The Conservation of Modern Sculpture. Tate Gallery Conference, 18-20 September 1995, Londres, Archetype Publications Ltd., 1995. (Contient une très bonne communication de Julia Fenn sur la façon de détecter le nitrate de cellulose).

  4. Preprints of Contributions to the « Modern Organic Materials Meeting » held at The University of Edinburgh, 14 and 15 April 1988, Édimbourg, Scottish Society for Conservation and Restoration Publications, 1988.

  5. Wright, Margot M. et Joyce Townsend, dir. Resins: Ancient and Modern. Preprints of the Conference held at the Department of Zoology, University of Aberdeen, 13-14 September 1995, Édimbourg, Scottish Society for Conservation and Restoration, 1995.

Conservation des plastiques

  1. Blank, Sharon. « Rubber in Museums », Australian Institute for Conservation of Cultural Material Bulletin, vol. 14 (1988), p. 53-93.

  2. Blank, Sharon. « An Introduction to Plastics and Rubber in Collections », Studies in Conservation, vol. 35, no 2 (1990), p. 53-63.

  3. Morgan, John. Conservation of Plastics: An Introduction to Their History, Manufacture, Deterioration, Identification and Care, Londres, The Conservation Unit of the Museums and Galleries Commission and the Plastics Historical Society, 1991.

  4. Reilly, Julie A. « Celluloid Objects: Their Chemistry and Preservation », Journal of the American Institute for Conservation, vol. 30, no 2 (Fall 1991), p. 145-162.

  5. Shashoua, Yvonne. « A Passive Approach to the Conservation of Polyvinyl Chloride », Prétirages de la XIe réunion triennale de l'ICOM-CC, Édimbourg, 1-6 septembre 1996, Londres, James & James Ltd., 1996, p. 961-966.

  6. Williamson, Colin. « Notes on Identification of Plastics », communication non publiée, Plastics Historical Society, Conservation Unit Workshop, mai 1992, 9 p. (Cette communication est publiée dans un prétirage hollandais sur la conservation des matériaux synthétiques : J.A. Mosk, W.G.Th. Roolofs et Th.B. van Oosten, reds. Kunst...stof tot nadenken. Probemen bij het behoud van syntheteische materialen, Amsterdam, Centraal Laboratorium voor Onderzoek van Voorwerpen van Kunst en Wetenschap, 1995, p. 41-58.)

Histoire des plastiques

  1. Katz, Sylvia. Classic Plastics. From Bakelite to High-Tech With a Collector's Guide, Londres, Thames and Hudson, 1988. (photographies abondantes)

  2. Kaufman, M. The First Century of Plastics. Celluloid and its Sequel, Londres, The Plastics and Rubber Institute, 1969. (un classique)

  3. Sparks, Penny, dir. The Plastics Age. From Modernity to Post Modernity. Londres, Victoria and Albert Museum, 1990. (photographies abondantes)


Rédigé par Scott Williams

Texte également publié en version anglaise.
Copies are also available in English.

© Patrimoine canadien, 1997
No de cat. : NM95-57/15-1-1986F
ISSN 1191-7237


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